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  • Anthony Poix

Caitlin Genovy, la Canadienne qui se bat pour les femmes


Le Parisien


La joueuse de La Rochette (Nationale 2) est non seulement une joueuse de talent, elle lutte aussi pour une meilleure représentativité des femmes dans le sport.


Caitlin Genovy se rêve coach dans les prochaines années.

Dis-moi d’où tu viens, je te dirai qui tu es. Cet adage sied parfaitement au caractère de Caitlin Genovy. Originaire de la ville d’Hamilton (près de Toronto), surnommée « la ville ambitieuse », la Canadienne sait parfaitement ce qu’elle veut. A seulement 24 ans, cette pièce maîtresse de La Rochette veut contribuer au rayonnement féminin dans les postes sportifs les plus importants. Une mission que la jeune femme, arborant également la nationalité britannique par sa mère, allie parfaitement avec la touche féministe qui la caractérise. Elle a d’ailleurs profiter des vacances d’hiver pour rejoindre sa patrie et participer à un événement de « Fast and Female » (Rapide et Femme), une association canadienne incarnée par des ex-championnes du monde voire olympiques et qui aide des jeunes filles de 8 à 18 ans à s’épanouir dans le sport. « Le sport ne peut que mieux se porter à aider les femmes à atteindre des postes que l’on pense réservés aux hommes, estime-t-elle. Mais la route est longue avant de transformer cela en réalité. C’est pourquoi je donne tout ce qui est en mon pouvoir pour faire avancer ce combat.»


"Je veux participer au changement"


Il faut dire que la jeune femme rêve de compter parmi les pionnières du coaching féminin. « Durant toute ma jeune carrière sportive, je ne me souviens que d’une seule coach femme, s’émeut « Cait ». A l’Université, j’ai vu un reportage sur la place des femmes dans le sport. J’étais surprise du nombre insignifiant de femmes devenues coachs. Au Canada, c’est un vrai problème de même qu’aux Etats-Unis où il y en a de moins en moins. Je veux participer au changement et entraîner au niveau universitaire avec les meilleures athlètes du continent. » Alors qu’elle touche des doigts la vingtaine, la gamine de l’Ontario prend déjà la tête d’un programme de jeunes adolescentes de 16 ans. Pendant 3 ans, elle les a entraîné avec force et ferveur au club de Hamilton Smash Volleyball. « Je me construis en les construisant, souligne-t-elle. Même si je suis encore une jeune joueuse, c’est une véritable passion d’entraîner. Entrer dans le gymnase, aider mon groupe à atteindre ses objectifs, les voir progresser et les accompagner sur l’après-volleyball. C’est comme une mission. Une femme n’est pas moins compétente qu’un homme. »


Une première en dehors du Canada


C’est au sortir de l’Université à l’été 2018, que Caitlin Genovy renoue avec ses habits de joueuse qu’elle enfile depuis qu’elle a 14 ans en tentant l’aventure La Rochette pendant une saison, sa première expérience en dehors du Canada. Malgré un petit stress dans l’avion qui reliait Toronto de Paris, la prometteuse Canadienne a fini par s’adapter au style frenchy bien aidée par sa coéquipière américaine, Cara Olden. « Le plus difficile, c’est de s’installer dans un pays où tu ne parles pas bien la langue, lance la Rookie. Les premières semaines étaient compliquées. Les Français parlent si vite ! » A la lutte pour le maintien et toujours à portée de la zone rouge, la saison se révèle compliquée. Mais l’ambitieuse « Cait » voit loin, bien plus loin. « Je vais tout donner pour aider mon équipe à se maintenir, affirme la Rochettoise. Je suis très compétitrice et j’adore gagner. J’aime me rappeler une leçon que j’ai appris : la victoire du moment n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est les progrès réalisés et la place à l’issue de la saison. C’est comme cela que l’on bouscule ce qu’on croit être établi. » Une ambition qui devrait pousser la jeune femme à se faire une place de choix dans ce monde sportif qui souffre toujours de manque de représentativité.

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